Duvalia emerici - Conclusions

Les données statistiques qui se dégagent de l’étude de la population de Duvalia emerici (RASPAIL, 1829) du Sud-Est de la France sont malheureusement encore incomplètes, en dépit du très grand nombre (plus de 1 100) de spécimens examinés. Cette carence tient d’une part aux raisons de conservation du matériel, telles qu’elles ont été évoquées, mais également à la variabilité intra spécifique.

Néanmoins un certain nombre de données sont bien établies :

  1. L’espèce offre la particularité précieuse d’être strictement localisée dans le temps. Elle constitue en fait un marqueur parfait de la zone à Saynoceras verrucosum, à la base du Valanginien supérieur. De très rares individus se rencontrent encore dans les termes les plus élevés du Valanginien, mais ils sont déjà nettement orientés morphologiquement vers Duvalia dilatata (BLAINVILLE, 1827).
  2. Les stades les plus juvéniles, jusqu’alors sinon inconnus du moins jamais figurés, montrent clairement la filiation à partir de Duvalia lata (BLAINVILLE, 1827), taxon caractéristique du Valanginien inférieur.
  3. Entre l’holotype, représenté en 1829 par FV RASPAIL et le plésiotype, figuré à titre complémentaire par J. RASPAIL en 1904, existent des différences notables. Mais ces deux spécimens étant replacés au sein de l’importante population étudiée, même réduite aux seuls exemplaires (191) mesurés, apparaissent comme des morphotypes extrêmes au sein d’une population très polymorphe.

 

Il semblerait que la tendance évolutive générale de l’espèce Duvalia emerici vers un clivage en deux rameaux distincts ait avorté en raison –peut-être – de la brièveté relative des conditions environnementales si spéciales de la zone à Verrucosum, auxquelles l’espèce de RASPAIL semble avoir été intimement liée.

En fait, dès le début du puissant épisode colloïdal qui, dans le Sud-Est de la France, fait suite aux laminites de la zone à Verrucosum, l’ensemble de la faune subit de profonds changements avec la disparition quasi-totale des Ammonites et la raréfaction plus ou moins importante, suivant les secteurs considérés, des Bélemnites.

 


 

 

A consulter

COMBEMOREL R. (1973) :
Les DUVALIIDAE PAVLOW (BELEMNITIDA) du Crétacé inférieur français.
Docum. Lab. Géol. Fac. Sci. Lyon, n°57 p. 131 – 185, 5 pl.

DELATTRE M. (1952) :
Les Bélemnites du Crétacé inférieur français.
Dipl. Et. Sup. Fac. Sci. Paris, 169 p. dact., 5 pl.

DUVAL-JOUVE J. (1841) :
Bélemnites des terrains Crétacés inférieurs des environs de Castellane (Basses-Alpes).
Paris, Masson Ed., 80 p. 12 pl., 1 carte géol.

RASPAIL J. (1904) :
Bélemnites emerici Raspail, 1829.
Fiche Pal. Univ. 15, 15 a

SAINT-SEINE R. de (1951) :
Existence des Cirripèdes acrothoraciques dès le Lias : ZAPFELLA PATTEI NOV. SP.
B.F.S.G., (6), t. IV, p. 447-451, pl. XVIII-XX

STOYANOVA-VERGILOVA M. (1970) :
Les fossiles de Bulgarie.
Iva – Crétacés inférieur.
BELEMNITIDA
Acad. Bulg. Sci., Sofia, p. 1 – 72, pl. I-XXXIII

 


 

Publication en ligne  sur le site : http://www.cephalopodes-cretaces.com

février 2015

Textes et données scientifiques : Gérard Thomel
Photographies et mise en ligne : Marie-Claire Thomel-Picollier