Mesures et rapports utilisés

Longueur du rostre

Elle devrait servir de référence mais son utilisation est illusoire, sauf exceptions.

En effet, le rostre n’étant presque jamais complet, certains indices classiques ne peuvent être appréciés. C’est notamment le cas de l’indice de dilatation.

Dans la pratique, il convient de mesurer la partie conservée du rostre et dans le meilleur des cas de tenter une estimation de ce qu’était réellement la longueur totale du rostre.

Compte-tenu de l’ampleur des déchets, il  est nécessaire de récolter beaucoup de spécimens pour espérer disposer d’un échantillon statistique valable.

Région postérieure

La partie postérieure du rostre est beaucoup plus résistante aux intempéries et aux agents destructeurs que la partie antérieure. C’est donc cette région qui sera le plus souvent récoltée, mais pas forcément utilisable pour autant, du moins pour des données quantitatives.

C’est à ce niveau du rostre que l’on va pouvoir mesurer la bosse dorsale, donc apprécier le rapport de sa hauteur à sa largeur ou Indice de compression postérieur.

Bien des différences apparaissent au cours de ces prises de mesures entre les spécimens très juvéniles, aciculiformes et de ce fait très comparables aux jeunes rostres de Duvalia lata, et les plus âgés, parfois dotés d’un renflement très marqué.

Mais cette « bosse » dorsale ne se développe pas avec la même ampleur sur tous les rostres et de plus pas de façon constante par rapport à la terminaison apicale postérieure. La dilatation du rostre, suivant les spécimens, sera plus ou moins importante en hauteur, en largeur, et se situera  en regard du renflement ventral, toujours moindre mais cependant plus ou moins net, ou au contraire être décalé par rapport à celui-ci.

Il est très important, en particulier, de considérer la distance séparant le renflement postérieur du rostre de sa terminaison apicale, celle-ci étant le plus fréquemment conservée alors qu’à l’inverse la région antérieure du rostre est presque toujours plus ou moins mutilée.

En fonction de l’importance de la dilatation postérieure du rostre et de sa distance par rapport à l’apex, on pourra établir un taux de dilatation postérieure relative à la distance de l’apex (% DPR). Ce taux est intéressant dans la mesure où il peut être établi même pour des rostres réduits à leur région postérieure, ce qui est le plus souvent le cas. De même pour le rapport hp/lp (INDICE DE COMPRESSION POSTERIEUR).

Mesures

Région antérieure

Elle n’est étudiable que sur les rostres les mieux conservés, et même dans ce cas, il serait illusoire de prétendre apprécier la hauteur et la largeur tout à fait antérieures de la cavité alvéolaire laquelle est constamment déformée ou écrasée.

Par contre, il est intéressant de considérer – en mesurant sa distance par rapport à la terminaison postérieure – la partie antérieure du rostre qui marque le maximum de rétrécissement, celui-ci étant plus ou moins marqué suivant la morphologie du rostre.

Il sera notamment possible de considérer le rapport h/l au niveau de cet étranglement antérieur (INDICE DE COMPRESSION ANTERIEUR).

Sillon

La longueur totale du sillon dorsal constituerait un élément très intéressant d’étude. Mais pour cela, il faudrait disposer de rostres absolument complets.

A défaut, il sera souvent possible de mesurer la distance séparant la terminaison postérieure du sillon de l’apex (ap-si). Cette distance est très variable suivant les rostres, le sillon étant susceptible de descendre très loin en arrière, sur la bosse dorsale, ou au contraire de s’arrêter au niveau de l’étranglement antérieur.

Cette variabilité devra être appréciée en fonction de la morphologie du rostre et de son stade de développement.

Longueur interne

La longueur totale du rostre, de l’extrémité postérieure à la partie la plus antérieure de la cavité alvéolaire peut, dans le meilleur des cas, être estimée avec une très faible marge d’imprécision, mais il presque toujours impossible de la mesurer très exactement. En revanche, sur les rostres bien conservés, il est aisé de mesurer exactement la longueur de rostre séparant le point maximal de dilatation de la bosse postérieure, du point minimal de hauteur de celui-ci, correspondant à l’étranglement antérieur.

Cette distance, considérée par rapport à d’autres éléments tirés du rostre, livre des données intéressantes.

Conclusions

La simple comparaison qualitative des figures données par les auteurs de ce taxon révèle une remarquable variabilité morphologique du stade adulte.

Il convient en effet d’observer que les étapes les plus juvéniles du développement du rostre de Duvalia emerici n’ont jamais été représentées.

Il convient donc, à partir d’un échantillonnage de grande ampleur, de tenter une approche quantitative de la connaissance de l’espèce et notamment d’apprécier sa variabilité au cours des étapes du développement du rostre.

Les très nombreux spécimens réduits à la seule région postérieure sont – au moins dans un premier temps – laissés de côté.

Les valeurs mesurées sont tirées des exemplaires les plus complets comprenant au minimum la région postérieure et la région antérieure en arrière de l’étranglement. Néanmoins, dans ce lot mesuré, de nombreux rostres de différentes tailles sont tout à fait ou pratiquement complets.

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