Répartition stratigraphique et géographique

DUVALIA EMERICI (RASPAIL, 1829)

Répartition stratigraphique

La morphologie très caractéristique de cette espèce autorise un repérage facile sur le terrain et permet de constater la coïncidence quasi absolue de son aire temporelle avec celle de la zone à Saynoceras verrucosum, soit la base du Valanginien supérieur. 

Duvalia emerici apparaît sous la forme d’individus très rares au sommet de la zone à Campylotoxum. Seulement 0,3 % de la population du Sud-Est de la France parait occuper cet horizon stratigraphique.

Ces quelques individus se rencontrent dès l’extrême sommet du Valanginien inférieur, en association avec les ultimes représentants de Duvalia lata (BLAINVILLE, 1827) : le chevauchement des deux espèces est donc indiscutable mais n’affecte qu’un nombre minime d’individus.

L’espèce explose littéralement au sein de la zone à Verrucosum d’où proviennent 98,5% des individus récoltés. On en rencontre encore quelques rares exemplaires au-dessus (soit environ 1,2 % de la population), mais leur morphologie a déjà subi quelques modifications.

Notons que les ultimes représentants de l’espèce peuvent se rencontrer, de façon tout à fait anecdotique, au même niveau que les premiers exemplaires assimilables à Duvalia dilatata BLAINVILLE, 1827), ce qui a déjà été signalé par V. PAQUIER.

Distribution temporelle

 

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DUVALIA EMERICI (RASPAIL, 1829)

 Distribution géographique dans le Sud-Est en fonction des secteurs d'étude distingués*

SECTEUR 4 : SAOU – BOURDEAUX
BEZAUDUN-SUR-BINE (1)
1
SECTEUR 9 : BASSIN DE L’EYGUES    
EYROLLES (8) SAHUNE (1) VILLEPERDRIX (34)
43
SECTEUR 11 : ROSANNAIS    
LAUX-MONTAUX (17) ROSANS (1)
18
SECTEUR 14 : HAUTE-OUVEZE
LA ROCHE-SUR-BUIS (2) LE POET-EN-PERCIP (2) MONTAUBAN-SUR-L’OUVEZE (17) MONGUERS (1) ROCHEBRUNE(9)
31
SECTEUR 15 : BOCHAINE – VAL DE CEANS
ETOILE-ST CYRICE (6) LABOREL (120) ST GENIS (1) STE COLOMBE (72) 
199
SECTEUR 20 : VENTOUX – MONTAGNE D’ALBION    
AULAN (207) MONTBRUN-LES-BAINS (90) REILHANETTE (19)
316
SECTEUR 21 : MEOUGE – MONTAGNE DE CHABRE    
BALLONS (4) BARRET-SUR-MEOUGE (4) EOURRES (2) LACHAU (29)
39
SECTEUR 22 : VALLEE DU JABRON  
BEVONS (1) LES OMERGUES (2) ST VINCENT-SUR-JABRON (1) VALBELLE (1)
5
SECTEUR 23 : DURANCE – VANÇON - DUYES    
BAYONS (3) HAUTE-DUYES (10) ST GENIEZ (2)
15
SECTEUR 26 : VERDON - ISSOLE     ANGLES (22) CASTELLANE – Cheiron (9) ST ANDRE-LES-ALPES (8) VERGONS (207) 246
SECTEUR 28 : EST MERCANTOUR – TINEE - VESUBIE    
MARIE (1)
1
SECTEUR 31 : ASSE - VERDON    
CHAUDON-NORANTE (2)
2
SECTEUR 32 : BASSIN DES 3 ASSES
BARREME (12) MORIEZ (54) ST JACQUES (1) SENEZ (106) TARTONNE (2)
175
SECTEUR 33 : BASSINS COULOMP – VAÏRE - CHALVAGNE     
SOLEILHAS – Vauplane (2) UBRAYE (5)
7
SECTEUR 34 : VAR MOYEN - CIANS     
AUVARE (2)
2
SECTEUR 36 : ARTUBY     
LA MARTRE (1)
1
SECTEUR 37 : HAUTS PLATEAUX GRASSOIS     
PEYROULES (1)
1

 

Soit au total 1102 spécimens, auxquels s’ajoutent 3 autres hors secteurs, provenant de MONS (Gard). Cette riche population offre une répartition géographique très inégale.

Duvalia emerici est très largement représentée, à l’ouest de la Durance, dans le secteur d’AULAN-MONTBRUN lequel a livré, à lui seul plus du quart des spécimens récoltés dans le Sud-Est.

Le Val de Céans – LABOREL et STE COLOMBE – donne également de nombreux spécimens.

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[*]Les secteurs qui n’apparaissent pas dans cette liste n’ont pas donné l’espèce.

DUVALIA EMERICI (RASPAIL, 1829)

1ère partie sud-orientale du Bassin Vocontien

Elle correspond à la région d’origine de l’holotype et, bien que les affleurements jadis classiques du « vallon du Cheiron » soient aujourd’hui largement recouverts par les eaux du barrage de Castillon,Duvalia emerici s’y rencontre encore en abondance à proximité immédiate. Il existe un secteur privilégié à ce point de vue entre la vallée de l’Asse de Blieux, en amont de Barrême, à l’ouest de la montagne de la Bernarde, au sud-est, qui m’a donné plus de 400 rostres se rapportant à cette espèce, toujours au sein de la zone à Saynoceras verrucosum.

Dans les conditions actuelles d’affleurements les localités les plus riches sont Senez et surtout Vergons. 

Mais, aussitôt que l’on s’écarte tant soit peu de cette zone privilégiée et ce dans n’importe quelle direction, on constate une raréfaction considérable et très rapide des spécimens.

Au sud du vallon du Cheiron, tout d’abord, le Valanginien change de biofaciès et passe très vite du type pélagique au type néritique. Duvalia emerici ne se rencontre plus alors qu’à l’état de rostres isolés, toujours très rares, dans quelques localités : La Martre, Peyroules, Séranon.

Vers l’est, le passage aux faciès plus calcaires et moins épais de la terminaison orientale du bassin se traduit par une diminution tout aussi radicale du nombre des spécimens. Au-delà d’Ubraye, localité cependant encore très proche de Vergons, les découvertes de rostres de Duvalia emerici sont exceptionnelles : 2 spécimens à Auvare, 1 à Rigaud (récolté par P. COTILLON) ; 1 ultime à Marie, dans la vallée de la Tinée.

Plus étonnant encore, la raréfaction des exemplaires se manifeste également de façon très rapide vers l’ouest et le nord-ouest, dès Norante et Tartonne.

 

En définitive, la grande abondance de l’espèce de RASPAIL dans sa région-type est manifestement liée à des conditions de milieu très localement favorables. Elle marque une raréfaction considérable dès que ces conditions sont modifiées.

DUVALIA EMERICI (RASPAIL, 1829)

2e partie Sud-Occidentale du Bassin Vocontien

En passant à l’ouest de la vallée de la Durance, il est possible de parvenir à des conclusions tout à fait comparables. En effet, le relevé quantitatif des récoltes fait apparaitre deux zones, presque contigües, particulièrement riches en spécimens de Duvalia emerici

La plus orientale correspond aux environs immédiats de Laborel et Ste Colombe, dans la vallée du Céans, au nord-ouest de Sisteron. V. PAQUIER (1900) avait déjà signalé ce secteur à propos de Duvalia emerici. Il m’a donné lui seul 200 rostres.

A une faible distance à l’ouest, la région de Montbrun-les-Bains – Aulan – Reilhanette est encore plus remarquable à ce point de vue, avec plus de 300 spécimens récoltés.

Mais, tout comme en terminaison sud-orientale du bassin, l’abondance de l’espèce chute aussitôt que l’on s’écarte des zones privilégiées.

 

Au sud, au niveau de la vallée du Jabron, les dépôts (localement argileux) de la zone à Saynoceras verrucosum sont très peu fossilifères.

Vers l’est, le nord ou l’ouest, l’abondance de Duvalia emerici chute également, à l’exception du Col Lazarier, en limite du territoire de la commune de Villeperdrix. Au nord-ouest, un ultime exemplaire provient de Bézaudun-sur-Bine, au toit d’un puissant horizon de pollution par le phénomène de « fumée rouge ».

C’est donc la région géographique des BARONNIES qui apparait comme la zone de prédilection de l’espèce. Rapidement en se dirigeant vers le nord, les spécimens de Duvalia emerici deviennent beaucoup plus rares et ce dès les environs de ROSANS.

 

En ce qui concerne la terminaison sud-orientale du Bassin, les constations sont identiques. Duvalia emerici abonde au sud, du Cheiron de CASTELLANE à VERGONS, SENEZ, MORIEZ. Les types (Holotype et Plésiotype) de RASPAIL, de même que les exemplaires figurés par DUVAL-JOUVE proviennent des « environs » de CASTELLANE. La localité de VERGONS, notamment, est d’une grande richesse : 20 % des exemplaires de Duvalia emerici du Sud-Est en proviennent. Mais, ici également, de même qu’à partir des BARONNIES, la diminution du nombre des spécimens est très rapide en se dirigeant vers le nord et le nord-est.

De très rares individus peuvent se rencontrer plus au sud (LA MARTRE, PEYROULES), au sein du domaine néritique, ce qui avait déjà été signalé par DUVAL-JOUVE en 1841.