Céphalopodes crétacés

C. orbignyanus st. s.

2) Comparaison avec les travaux antérieurs

L'approche choisie d'une analyse de l'ensemble de la population du genre ayant montré l'existence de 4 taxons au sein de Castellanibelus, il est temps maintenant de confronter ces résultats aux conclusions des auteurs précédents.

L'absence presque totale de données chiffrées dans ces travaux impose de procéder par analogie. Disposant d'un grand nombre de rostres, il a été possible de trouver des spécimens se rapprochant des descriptions et figurations antérieures, et, à partir de ces éléments d'en déduire l'attribution taxonomique des 4 morphotypes.

Ce travail a été conduit dans un double souci de respect du travail des différents auteurs et de clarification de la composition taxonomique.

a) Castellanibelus orbignyanus st. s.

DUVAL-JOUVE (1841) décrit un rostre cylindrique ou un peu déprimé (régions médio-postérieures), donc avec des indices de compression et de dilatation se rapprochant de 1. Il le donne comme "se terminant brusquement en pointe mamelonnée", ce qui correspond à la description d'une partie apicale courte et obtuse. Il signale enfin une ligne apicale légèrement excentrée, donc un mucron plutôt en position intermédiaire (dorso-centré).

Les figures 5-6 (D.-J. pl. VIII) montrent, selon lui, un sujet adulte, d'une longueur de 46 mm, mais, il s'agit en réalité du rostre d'un individu juvénile, pas tout à fait complet antérieurement. La silhouette longiligne de son rostre est  caractéristique de la phase juvénile d'allongement du rostre avant l'épaississement aux stades matures, et la longueur donnée est insuffisante pour un adulte, ceux-ci dépassant les 60 mm (67,6 mm pour le plus grand mesuré - n°79022).

Le rostre n°38948 est très proche de la figure-type, bien qu'un peu plus âgé et plus complet antérieurement (fig.13). Il a été choisi pour être un des paratypes du morphotype B qui correspond donc à Castellanibelus orbignyanus st. s. Cette attribution est corroborée par tous les éléments descriptifs donnés par DUVAL-JOUVE et par les paramètres des rostres de ce morphotype.

Fig13 leg

Le rostre des figures 10-14 de D'ORBIGNY pose problème : il montre des caractères composites et/ou contradictoires. Sa longueur, 70 mm est incompatible avec le diamètre, 10 mm (le même que pour le rostre des fig. 5-6 de DUVAL-JOUVE) : cette longueur dépasse celle obtenue pour le plus grand adulte complet récolté (67,4 mm, lm =13,4 mm) pour un diamètre correspondant à celui des juvéniles. Il est fort probable que ce rostre longiligne figuré soit une chimère, un assemblage de deux rostres fragmentaires.

La forme "en massue" de certains rostres incite OOSTER (1857) à envisager la création d'une variété. Parmi ses figurations, seules celles du rostre des fig.9-10 (OOST.) sont suffisamment claires pour être interprétées. Le rostre n°91586, morphotype B adulte (pl.1, fig.7), s'en rapproche. Deux éléments expliquent cette forme "en massue" observée par OOSTER : Il s'agit d'un C. orbignyanus mature, contrairement au type, plus jeune et gracile ; avec un indice de dilatation plus important (forme sub-hastée) et une partie apicale courte et obtuse. 

 

BAYLE (1878) en figurera deux autres adultes, eux-aussi épais, dilatés postérieurement, peu déprimés, à l'apex obtus. Le mucron est net, se détachant bien de la silhouette, et relativement centré. Seule la longueur du sillon de sa figure 10 (BAYLE) est atypique, même si on la rencontre parfois (Longueur maximale du sillon : 91% du rostre). Le spécimen n°41167  présente, de façon encore plus marquée, l'association fort renflement postérieur / resserrement antérieur et partie apicale très obtuse (fig.14 ; Lpp/Ltp = 23%, angle apical estimé = 68°, pl.1, fig.28).

Fig14 leg

 

→ Comparaison avec les travaux antérieurs : La variété suborbignyi