Céphalopodes crétacés

Description de l'ontogénèse

3)   Description de l'ontogénèse

Tout en gardant les caractéristiques propres au genre Castellanibelus, les rostres montrent donc une évolution assez complexe au cours de la croissance. Et encore il ne s'agit que de l'évolution globale qui sera à affiner en fonction des différentes espèces. Ce sera notamment le cas avec la longueur relative de la partie postérieure, qui joue un rôle majeur dans la détermination taxonomique.

Cette complexité suscite une réflexion plus générale quant à la diagnose et la figuration des types. L'utilisation de rostres, non seulement fragmentaires, mais de plus de stades ontogéniques indéterminés, a souvent généré des confusions. C'est le cas pour l'espèce-type Castellanibelus orbignyanus dont la figuration correspond, on le verra, à un spécimen juvénile. Il me semble qu'il serait judicieux de proposer, pour chaque taxon, une description de l'ontogénèse et, en plus du type adulte, des paratypes du rostre à différents stades ontogéniques (fig.9).


En compilant les informations obtenues, on peut tenter une première reconstitution des différents stades de développement (fig.8) :  

  • Stade très très juvénile (ttj) : Le minuscule rostre présente une silhouette particulière : nettement renflée postérieurement mais de façon plus importante latéralement (idlat moy. = 1,26) que dorso-ventralement (iddv moy. = 1,16). Tous les rostres sont hastés, surtout en vue latérale. Ils sont sub-cylindriques à légèrement comprimés postérieurement pour la majeure partie d'entre eux (icm moy. = 1,01). La profondeur relative de la cavité alvéolaire est relativement réduite (environ 1/4 de Ltp). En vue latérale, le mucron est le plus souvent dorsal ou dorso-centré.
  • Stade très juvénile (tj) : Les rostres sont toujours hastés, toujours davantage latéralement que dorso-ventralement, mais la dilatation tend à diminuer : les rostres s'allongent davantage qu'ils ne s'épaississent, et sont légèrement déprimés (icm moy. = 0,95).
  • Stade juvénile (j) : La dilatation continue de décroitre, elle est à son plus bas niveau et égale dorso-ventralement et latéralement. Les rostres tendent vers une silhouette sub-cylindrique (id moy. = 1,1), à côtés parallèles : l'allongement est toujours prédominant sur l'épaississement. La dépression continue d'augmenter légèrement avec un indice de compression postérieur à 0,92. La profondeur relative de la cavité alvéolaire atteint environ le tiers du rostre.
  • Stade subadulte (ja) : La croissance en longueur ralentit, le rostre commence à épaissir. Cet épaississement est plus important postérieurement et dorso-ventralement avec deux conséquences : les rostres reprennent une silhouette un peu plus hastée en vue dorso-ventrale mais restent sub-cylindriques en vue latérale et la dépression postérieure continue d'augmenter (icm moy. = 0,90).    
  • Stade adulte (a) : La croissance du rostre en longueur est très minime mais le rostre continue de croître en épaisseur, et toujours davantage en largeur qu'en hauteur. Les rostres présentent une silhouette entre sub-cylindrique et sub-hastée en vue dorso-ventrale et sub-cylindrique en vue latérale : une situation opposée à celle observée au stade le plus juvénile. L'épaississement plus prononcé en largeur continue de favoriser une augmentation de la dépression postérieure. La profondeur relative de la cavité alvéolaire correspond environ à la moitié de la longueur du rostre. En vue latérale, le mucron (et donc l'axe du rostre) est maintenant le plus souvent centré ou dorso-centré.  

Fig 8 min