Céphalopodes crétacés

MATERIEL

1) Origine

Les rostres ont été collectés dans 60 communes, pour l'essentiel dans les départements des Alpes de Haute-Provence (04), de la Drôme (26), des Hautes-Alpes (05) et appartiennent à la collection Thomel-Picollier.

La population étudiée provient exclusivement du Valanginien: 1762 rostres de ce genre ont été identifiés sur une récolte totale de 13 884 rostres de cet étage (13%).

 

2)   Répartition géographique

Elle n'est pas uniforme sur l'ensemble du bassin. Castellanibelus est nettement plus fréquent à l'ouest qu'à l'est. Trois ensembles ont été considérés (fig. 1, doc. A, B) :

  • le secteur E : départements des Alpes-Maritimes, du Var et des Alpes de Haute-Provence (à l'exception de la vallée du Jabron et de St Geniez) ;
  • le secteur W : départements des Hautes-Alpes (S-W), de la Drôme et  de la zone vallée du Jabron-St Geniez ;
  • le secteur périphérique à la zone étudiée : Ardèche, Gard, Isère. Ces zones n'ont pas fait l'objet d'une recherche systématique et une prospection plus poussée pourrait compléter utilement ce travail.

La différence de répartition entre E et W est relativement importante : ainsi alors que Castellanibelus représente environ 14% des rostres valanginiens récoltés à l'W, la proportion descend à 8% dans le secteur E. Il semblerait donc que les conditions locales de cette zone du bassin étaient moins favorables à ce genre, sans que l'on puisse pour l'instant l'expliquer.

 

3)   Répartition stratigraphique

Castellanibelus a été signalé dès le Tithonien, notamment par  COMBEMOREL en 1972, lors de la création du genre.  Plusieurs auteurs le donnent du Berriasien mais les affleurements de cet étage ne sont peu accessibles et peu fossilifères dans la zone de recherche. Il est effectivement plus que probable que ce genre apparaisse bien avant le Valanginien dans le SE de la France, car il représente déjà plus de 20% des rostres récoltés dans la zone à pertransiens.

Durant le Valanginien inférieur et la base du supérieur (z à verrucosum), Castellanibelus n'est pas rare. Il  représente environ 1/5e des rostres récoltés, tous genres confondus.  Il représente même jusqu'à 1/3 de la population de bélemnites dans la zone à inostranzewi. Cette augmentation apparente n'est toutefois pas liée à une expansion de Castellanibelus, mais plutôt à la raréfaction des autres groupes de bélemnites (notamment Berriasibelus) au sommet du Valanginien inférieur.

La population de Castellanibelus chute brutalement à partir des  zones à peregrinus/furcillata : moins de 1% des rostres récoltés dans ces zones, avant de disparaitre totalement avec le passage à l'Hauterivien. Aucun spécimen n'y été trouvé (sur 4850 rostres récoltés à cet étage) où il avait été signalé par DELATTRE en 1951, information reprise par COMBEMOREL en 1972.

La possibilité d'une corrélation entre les répartitions stratigraphique et géographique a été explorée sans donner de résultats probants : Castellanibelus est toujours plus rare à l'E qu'à l'W, quel que soit le niveau (fig.1, doc. C).

Fig 1 min