Céphalopodes crétacés

REVISION DU GENRE CASTELLANIBELUS

Genre Castellanibelus COMBEMOREL, 1972

Famille des Duvaliidae

Espèce-type : Castellanibelus orbignyanus (DUVAL-JOUVE, 1841)


Description :

Caractères externes :

a) Longueur : taille moyenne – Lr max. observée = 68 mm.

b) Silhouette :

  • déprimée (sauf aux stades les plus juvéniles), plus nettement postérieurement qu'antérieurement, section transversale sub-circulaire, ovalisée ou sub-quadrangulaire. Indices de compression moyens : icm = 0,92 ; ica = 0,93.
  • de sub-hastée à peu dilatée, voire sub-cylindrique : Indices de dilatation dorso-ventral et latéral moyens : iddv = 1,12, idlat = 1,11.

c) Sillon : dorsal, long, étroit et peu profond, n'atteignant pas l'apex : 70% en moyenne de la longueur du rostre.

d) Lignes latérales : plus ou moins marquées, parfois réduites à un simple méplat.

e) Partie apicale :

  • se terminant par un mucron de taille variable, dont la position évolue de centrée (33% des rostres) à dorsale (13%) en passant par des positions intermédiaires mais jamais ventrale, sauf malformation. 
  • Longueur variable en fonction des taxons : entre 23 et 58% de la longueur tige-partie postérieure (Ltp) chez les individus matures.
  • angle apical estimé entre 26 et 68°.

 

Caractères internes :

a) Cavité alvéolaire :

  • profonde, occupant entre 17 et 67% de Lr, selon le stade ontogénique.
  • angle alvéolaire moyen = 18°
  • de section circulaire, de centrée à légèrement décalée dorsalement.
  • protoconque de petite taille (0,5 mm), en position médiane (pl.5 fig.1-3).

b) Siphon : traversant les cloisons concaves par des cous septaux disjoints (pl.5 fig.1-3).

c) Ligne apicale : droite, de médiane à légèrement excentrée dorsalement, jamais ventrale. 

d) "Fente alvéolaire" : présence d'une surface plane sous le sillon, trace cicatricielle séquentielle de celui-ci.


Croissance :

Régulière mais pas concomitante pour toutes les zones du rostre (voir tableau récapitulatif figure 8 et détail p.10).

Trois grandes phases :

  • phase initiale pour les rostres très juvéniles, peu déprimés à légèrement comprimés, à silhouette le plus souvent sub-hastée,
  • phase d'allongement pour les juvéniles, le plus souvent peu déprimés et à silhouette sub-cylindrique,
  • phase d'épaississement pour les matures, plus importante en largeur postérieure, induisant une augmentation de la dépression pouvant être importante chez les individus les plus âgés. 

Cette évolution ontogénique impacte toutes les zones du rostre et affecte à des degrés divers tous les rapports. C'est pourquoi, je propose un tableau récapitulatif de ceux-ci (appendice), établi à partir d'un grand nombre de rostres, afin de faciliter la détermination des différents taxons. Ils comprennent pour les 5 stades de croissance retenus, et pour les différents indices, les valeurs moyennes et extrêmes pour chaque taxon.


Remarque :

L'ensemble des caractères internes, la taille moyenne des rostres, la dépression plus ou moins marquée, la présence d'un mucron, d'un sillon alvéolaire long sans atteindre l'apex, de lignes latérales signent l'appartenance à Castellanibelus. Même les rostres les plus juvéniles, qui montrent souvent un indice de compression supérieur ou égal à un en partie postérieure, sont déprimés antérieurement et donc impossibles à confondre avec des juvéniles de Berriasibelus ou Conobelus.


Répartition géographique et stratigraphique :

a) Répartition stratigraphique :

Dans le SE de la France :

  • dès le Tithonien (COMBEMOREL, 1972), puis signalé par de nombreux auteurs au Berriasien.
  • commun pendant tout le Valanginien inférieur et à la base du supérieur (zone à verrucosum) où il représente 20% environ de l'ensemble de la faune de Bélemnites.
  • se raréfie brutalement au sommet du Valanginien, à partir de la zone à peregrinus (moins de 1% des rostres). Le plus récent trouvé provient du sommet de l'étage, zone à callidiscus.
  • aucune occurrence trouvée à l'Hauterivien (signalé par DELATTRE en 1951).

b) Répartition géographique :

  • SE de la France : L'espèce-type provient de la région de Castellane qui a donné son nom au genre. Fréquent dans le Bassin Vocontien (Alpes-de-Haute-Provence, Drôme, Hautes-Alpes, Ardèche, Gard…), il est plus abondant à l'W (14% des rostres valanginiens) qu'à l'E (8%).
  • signalé en Suisse (OOSTER, PICTET & DE LORIOL, MAYER…), en République Tchèque (VANKOVA), en Espagne (JANSSEN).

Castellanibelus orbignyanus (DUVAL-JOUVE, 1841)