belemnite bélemnite polygonalis polygonale trabiformis sicyoides isoscelis stoyanova-vergilova pseudoduvalia hauterivien France

Le genre Pseudoduvalia

LE CONTENU SPECIFIQUE DU GENRE PSEUDODUVALIA

Les rostres de Bélemnites entrant au sein du genre PSEUDODUVALIA ne se prêtent pas à des prises classiques de mesures.

Ce qui est déjà hasardeux avec Duvalia emerici, par exemple, devient ici impossible en dehors de l’appréciation de la longueur conservée du rostre.

Cela tient à un polymorphisme particulièrement intense et l’examen d’un lot aussi conséquent que celui-ci ne fait que confirmer ce qui avait déjà été notifié par DUVAL-JOUVE en 1841 puis discuté par DELATTRE en 1951.

En fait, il est aisé de reconnaître des spécimens assimilables à chacun des « types » décrits et d’autres s’écartant de chacun d’entre eux et constituant autant d’intermédiaires.

 

Morphotype clairement établi

237

88,4%

Spécimens polymorphes

31

11,6%

Polymorphisme

1. LES DONNEES HISTORIQUES

Elles ont conduit les auteurs à introduire 5 « types » dans la littérature paléontologique puis à les discuter.

Il s’agit de polygonalis (BLAINVILLE, 1827) ; urnula, trabiformis, isoscelis et sicyoïdes (DUVAL-JOUVE, 1841).

Dès l’abord, il apparaît que polygonalis et urnula offrent des similitudes par la présence des méplats losangiques et l’absence de carènes et de creusements au niveau des flancs. En fait, les deux formes diffèrent essentiellement par la taille plus imposante chez urnula que chez le type de BLAINVILLE.

 

D’autre part, les 3 autres espèces de DUVAL-JOUVE – trabiformis, isoscelis, sicyoïdes, tout en offrant une variabilité intense, constituent un lot particulier ayant en commun des caractéristiques qui n’existent pas chez les précédentes.

Il est donc possible d’affirmer, à titre de base de discussion, la distinction de 2 lots majeursPOLYGONALIS et TRABIFORMIS – suivant le point de vue adopté par M. STOYANOVA-VERGILOVA en 1965.

2. LES DONNEES TIREES DE LA POPULATION ETUDIEE

A – Stock polygonalis/urnula

Il s’élève au total à 116 individus, soit 42,3 % de l’ensemble (274 individus utilisables).

Ce lot est homogène par ses caractères essentiels correspondant aux figures de BLAINVILLE et DUVAL-JOUVE. Généralement les méplats losangiques caractéristiques sont bien marqués. Toutefois, sur une dizaine d’exemplaires, ils s’atténuent au point de disparaître, le rostre offrant alors une section ovale.

Il existe une quinzaine de spécimens montrant des caractères intermédiaires, les uns plus proches des figures de DUVAL-JOUVE, les autres de celles de BLAINVILLE. Mais surtout, 4 rostres seulement au total, soit 3,5 % du stock, montrent une tendance à l’acquisition des caractères marqués chez trabiformis, isoscelis et sicyoïdes.

 

B – Stock trabiformis, isoscelis, sicyoïdes

     Les formes entant dans ce groupe sont en définitive les plus nombreuses : 152 individus, soit 57,5 % de l’ensemble des « Polygonales » (274 individus). Il s’agit essentiellement du morphotype trabiformis (92 spécimens), puis isoscelis (39), le morphotype sicyoïdes étant le moins abondant avec 21 spécimens.

La variabilité individuelle au sein de ce stock est très importante. C’est elle qui confère aux « Bélemnites polygonales » le cachet spécial d’un polymorphisme considérable. 

En fait, on constate l’existence de termes de passage entre isoscelis et sicyoïdes, trabiformis, isoscelis et sicyoïdes, mais surtout une importante variabilité au sein du morphotype trabiformis, déjà relevée par DUVAL-JOUVE. Il existe cependant de nombreux spécimens parfaitement assimilables à l’un ou l’autre des 3 morphotypes.

Ce stock majoritaire offrant très peu d’éléments transitoires avec le précédent – polygonalis/urnula – peut effectivement être admis comme un taxon distinct, ainsi que l’avait proposé M. STOYANOVA-VERGILOVA en 1965.

 

C – Relations phylétiques des « Bélemnites polygonales » avec les autres Duvalia.

Etant donné la morphologie très particulière des spécimens composant ce rameau de la Famille des DUVALIIDAE et le fait que, dès l’Hauterivien inférieur, il soit déjà scindé en deux entités distinctes, il convient de rechercher son origine dans le Valanginien supérieur, peut être au sein du très polymorphe taxon Duvalia hybrida, dont une révision est également indispensable.

V. PAQUIER (1900) avait du reste signalé la présence des Duvalia trabiformis, urnula et isoscelis dans le Valanginien supérieur des Baronnies. 

REPARTITION STATISTIQUE

Tous les spécimens récoltés (276) ne peuvent être utilisés pour cette répartition. Certains, quoique identifiables en tant que PSEUDODUVALIA, sont trop incomplets pour être utilisables (2 sp.), d’autres correspondent à des formes très transitoires entre les différents morphotypes et ne peuvent être assimilés à l’un d’entre eux précisément (6 sp.). La répartition statistique est donc fondée sur un lot de 268 spécimens

1 - REPARTITION DES 268 SPECIMENS DETERMINES

 

Tableau repartition
Repartition generale

2 - REPARTITION PAR SECTEURS

  1. Secteur de PEYROULES (04)

Secteur peyroulesCa : Castellane ; LB : La Bastide ; LG : La Garde ; LM : La Martre ; Pe : Peyroules ; Au : St Auban

Portant sur tous les spécimens de Peyroules (153 spécimens) auxquels se rajoutent les spécimens récoltés dans les localités de Castellane (essentiellement Robion), La Garde, St Auban, La Martre, La Bastide d’Esclapon (soit un total de 209 spécimens).

Tableau repartion peyroules

Peyroules

b - Secteur d’AIGLUN (06)

Secteur aiglunAi : Aiglun ; Ca : Caussols ; Cu : Cuebris ; Go : Gourdon ; Gr : Gréolières ; Mu : Les Mujouls ; Sa : Sallagriffon ; Si : Sigale

Portant sur tous les spécimens récoltés à l’Est du Bassin, dans les localités d’Aiglun, Caussols, Cuebris, Gourdon, Gréolières, Les Mujouls, Sallagriffon, Sigale  (54 spécimens).

La faune des deux sites d’Aiglun est intéressante à plus d’un titre. Avec 31 spécimens déterminés, elle constitue un lot statistique pour une localité dans laquelle les PSEUDODUVALIA n’avaient jamais été signalés.

Les différents morphotypes sont représentés mais très inégalement : les spécimens les plus proches du type de BLAINVILLE constituent pratiquement la moitié de la population et même bien davantage en y joignant urnula, manifestement inséparable de polygonalis st. s.

Dans ces conditions, les 3 autres morphotypes ne représentent qu’un tiers de la faune et de toute façon se lient étroitement à POLYGONALIS.

Tableau repartition aiglunAiglun

c - Conclusions :

Ainsi que l’avait signalé V. PAQUIER en 1900, les « Bélemnites polygonales » apparaissent dès le Valanginien supérieur. Une conclusion générale sera donnée avec l’étude globale des espèces du Valanginien supérieur, en cours d’achèvement.

PSEUDODUVALIA : REPARTITION PAR MORPHOTYPES

Tableau sp